Saint Spyridon le Thaumaturge de Trimithonte

 

Fils de parents simples et lui-même âme simple, humble et vertueuse, Spyridon vivait sur l'Île de Chypre. Il était berger et agriculteur et avait femme et enfants. Quand sa femme mourut, il servit Dieu avec plus encore de bonnes actions, dépensant toute sa richesse en aumônes. De la sorte, il plut tellement à Dieu alors qu'il vivait dans le monde, qu'il fut trouvé digne d'accomplir des miracles: il guérissait les malades incurables et, en une parole, chassait les démons. Suite à cela, Spyridon fut ordonné évêque de la ville de Trimithonte. Revêtu de ce rang, il continua à accomplir de grands et merveilleux miracles.
Au cours d'une terrible sécheresse sur l'île de Chypre, la faim et la maladie firent mourir beaucoup de gens. Saint Spyridon, animé d'une paternelle pitié envers le peuple, pria Dieu avec ferveur, et aussitôt une forte pluie se mit à tomber et ne s'arrêta pas pendant plusieurs jours. Le Saint pria de nouveau, et le temps s'éclaircit. 

Un jour, le Bienheureux Spyridon ce hâtait dans la ville pour aller délivrer un de ses amis d'un châtiment immérité. Mais le chemin était coupé : un cours d'eau barrait le passage au Saint. Alors le Thaumaturge, croyant en la toute-puissance de Dieu, ordonna au cours d'eau: «Arrête! Ainsi t'ordonne le Seigneur du monde entier, afin que je puisse passer et que l'homme pour qui je me hâte soit sauvé».  A peine eut-il parlé que le cours d'eau s'interrompit, ouvrant un passage à sec. Et le Saint parvint donc à sauver son ami.

Le Saint Évêque Spyridon de Trimithonte participa au Premier Concile Œcuménique. Et, bien qu'il eût été un homme simple et sans instruction, qui toutefois connaissait la puissance de la sagesse de Dieu et la faiblesse de la sagesse humaine devant elle, il intervint en défense de l'orthodoxie.

Il se tourna vers un érudit parmi les mécréants et dit: «Il y a un seul Dieu, Qui a créé les cieux et la terre, Qui a créé l'homme à partir de la terre, et Qui a fait toutes choses visibles et invisibles, par Son Verbe et par Son Esprit. Et nous croyons que ce Verbe est le Fils de Dieu. Il est Dieu Qui, ayant pitié de nous qui étions perdus, naquit de la Vierge, vécut avec les hommes, mourut pour notre salut, ressuscita Lui-même et ressuscita avec Lui toute la race humaine. Nous attendons qu'Il vienne pour nous juger tous par un juste jugement et nous récompenser chacun en fonction de nos œuvres; nous croyons qu'Il est consubstantiel au Père, égal à Lui en autorité et honneur... Voilà ce que nous confessons et nous n'avons pas l'audace d'essayer d'examiner ces mystères avec curiosité, et toi, n'aies pas l'audace d'examiner comment tout cela peut être, car ces mystères dépassent ton entendement; ils dépassent de loin toute connaissance humaine». Puis, après s'être tu un peu, le Saint demanda: «N'est-ce pas ce qui te semble, philosophe?» Celui-ci acquiesça, alors le Starets dit: «Alors, accueille la sainte foi». Et le philosophe fut reçu dans la foi orthodoxe à sa joie et à celle de tous les orthodoxes.

Un jour, Saint Spyridon se rendit à l'église de la ville pour les vêpres. Il se fit qu'il n'y avait personne d'autre dans l'église sinon les clercs desservants. Mais malgré cela, il ordonna d'allumer de nombreux cierges et lampes et dans l'attendrissement spirituel, il s'avança lui-même devant l'autel. Et quand, au moment adéquat, il s'exclama: «Paix à tous»,  et qu'il n'y avait pas de fidèles pour répondre, tout à coup la voix d'une grande multitude s'éleva d'en haut: «Et à ton esprit». Ce chœur était nombreux, la voix harmonieuse et meilleure que celle de tout chant humain. Le diacre, qui prononçait l'ecténie fut saisi de crainte, en entendant ce chant merveilleux venu d'en haut: «Seigneur, aie pitié». Ces voix furent entendues même par ceux qui se trouvaient loin de l'église. Beaucoup accoururent en hâte, mais quand ils entrèrent dans l'église, ils ne virent personne d'autre que le Saint avec quelques clercs, et ils n'entendaient plus le chant céleste.

Malgré qu'il fût évêque et grand thaumaturge, l'humble Spyridon continuait à paître ses moutons et ses chèvres et à les soigner. Il advint que des voleurs pénétrèrent dans l'enclos, la nuit, et tentèrent de voler quelques moutons. Mais Dieu aimait Son Saint et Il protégea les biens de celui-ci. Les voleurs furent attachés par des liens invisibles, de sorte qu'ils ne purent sortir de l'enclos. Le matin, le Saint s'approcha des voleurs et, les voyant pieds et mains liés par la puissance de Dieu, il les délivra par sa prière et leur donna pour instruction de ne pas désirer le bien d'autrui, mais de se nourrir du travail de leurs propres mains. Puis il leur donna un agneau pour les consoler et les laissa partir en paix.

Saint Spyridon était le dépositaire d'une si grande grâce et d'une telle miséricorde divines, qu'un jour pendant la moisson, à la période la plus chaude de la journée, sa sainte tête se couvrit d'une rosée fraîche descendue d'en haut. C'était au cours de la dernière année de sa vie. Quelques temps plus tard, Saint Spyridon remit son âme juste au Seigneur pendant la prière. Il fut inhumé dans l'église des Saints Apôtres à Trimithonte. Les reliques du Saint demeurent parfaitement incorrompues à ce jour.

Vie du Saint Apôtre André le Premier appelé

30 novembre / 13 décembre

 

Le Saint Apôtre André le Premier Appelé fut d'abord un disciple de Saint Jean le Précurseur. Après le Baptême de notre Seigneur, il quitta toutefois le Précurseur et fut le premier parmi les apôtres à suivre le Christ et à devenir Son disciple.

Après les souffrances, librement consenties, de notre Sauveur, Sa Résurrection et Son Ascension, Saint André reçut, comme les autres Apôtres, le Saint-esprit. Et il chemina dans de nombreux pays et villes pour y prêcher la foi du Christ. Dans chaque ville il eut à traverser de nombreuses tribulations et souffrances. Mais affermi par l'aide toute puissante de Dieu, il endura tout dans la joie.

Saint André prêcha dans notre pays, la Russie. Arrivant en ce lieu où s'étend maintenant la ville de Kiev, il bénit la Terre de Russie et érigea une croix, prophétisant : «Sur ces monts resplendira la grâce de Dieu. Un grande ville s'étendra ici, et Dieu y élèvera de nombreuses églises et sanctifiera toute cette terre par le Saint Baptême».

Parcourant ensuite de nombreux autres pays, le Saint Apôtre André arriva en la ville grecque de Patras, où sa croix se trouve encore de nos jour. Et il en convertit tous les habitants au Christ, accomplissant en même temps de nombreuses guérisons miraculeuses. Mais le gouverneur local détestait notre Seigneur Jésus Christ et, s'étant emparé du Saint Apôtre, il le tortura afin de le forcer à renier le Sauveur. Saint André s'en réjouissait et rendait gloire à Dieu.

Alors le gouverneur ordonna de le crucifier sur une croix en liant ses poignets et ses chevilles. Mais sur la croix, Saint André continua à prêcher au peuple et à le convaincre qu'il fallait supporter les souffrances temporaires car le martyre n'est rien par comparaison à la récompense future. Toutefois, le peuple était troublé et il se rendit chez le gouverneur. Ce dernier, pris de crainte devant ces gens, ordonna de descendre Saint André de la croix. Mais par la volonté de Dieu, personne ne put l'en enlever. Saint André s'écria alors d'une voix forte : «Seigneur Jésus Christ! Ne permets pas qu'on me descende de la croix sur laquelle je fus élevé pour Ton nom, mais accueille-moi, ô mon Maître Que j'aime, Que j'ai connu, Que je confesse, Que je souhaite voir, et à travers Qui je suis devenu ce que je suis ! Seigneur Jésus Christ, reçois mon esprit en paix, car le moment est venu pour moi de venir à Toi et de Te voir, comme je l'ai souhaité si ardemment. Reçois-moi, Bon Maître, et ne permets pas que je sois descendu de la croix avant que Tu n'aies reçu mon esprit!»

Guérison le jour du sabbat

Homélie pour la 27e semaine après la Pentecôte

 

Luc 13; 10-17. «Jésus enseignait dans une synagogue un jour de sabbat. Or, il y avait là une femme possédée depuis dix-huit ans d’un esprit qui la rendait infirme : elle était courbée, et ne pouvait absolument pas se redresser. L’ayant vue, Jésus l’appela et lui dit : « Femme, tu es délivrée de ton infirmité. » Et il lui imposa les mains ; aussitôt elle se redressa, et elle glorifiait Dieu. Mais le chef de synagogue, indigné de ce que Jésus avait fait cette guérison un jour de sabbat, prit la parole et dit au peuple : «Il y a six jours pour travailler, venez donc vous faire guérir ces jours-là et non pas le jour du sabbat». Hypocrite, lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son bœuf ou son âne, pour le mener boire ? Et cette fille d’Abraham, que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, il ne fallait pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat !» Pendant qu’il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient couverts de confusion, et tout le peuple était ravi de toutes les choses merveilleuses qu’il accomplissait.»

Notre Seigneur Jésus Christ enseignait souvent dans les synagogues. Pourquoi? Parce que les fidèles se rassemblaient dans les synagogues. Tout comme aujourd'hui, nous nous rassemblons dans les églises, jadis les gens éprouvaient le besoin de se rassembler pour la prière commune, la lecture de l’Écriture et l'explication des lectures. Les synagogues étaient disposées selon le modèle que l'église avec son tabernacle, mais la différence fondamentale résidait en l'absence d'autel de la proscomédie. Les dignitaires étaient laïcs et ne devaient revêtir aucun ornement particulier. Le dignitaire principal était le chef de la synagogue, comme le rappelle la lecture de l'extrait de l’Évangile d'aujourd'hui. Après que le Sauveur eut guéri la femme courbée qu'un esprit impur faisait souffrir depuis dix-huit ans, le chef de la synagogue, indigné, dit au peuple «Il y a six jours pour travailler, venez donc vous faire guérir ces jours-là et non pas le jour du sabbat».

Non seulement ce chef, mais beaucoup de Juifs à cette époque observaient la loi de façon insensée, ce que le Seigneur était venu condamner. Car en effet, il ne peut y avoir de formalisme et de fanatisme dans l'œuvre du salut, il ne peut y avoir de loi qui ne soit pas fondée sur l'amour de Dieu et du prochain. Toutefois, au Sinaï, le respect du sabbat fut inclus dans les dix commandements : «Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est un sabbat consacré à Yahweh, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car pendant six jours Yahweh a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi Yahweh a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié» (Ex.20;8-11). Cela ne signifie pas dire qu'il était interdit de détacher une ânesse pour l'abreuver, ni qu'on ne pouvait circoncire lors du sabbat, ni faire de nombreuses autres actions plaisant à Dieu. «Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat» (Marc 2; 27). Elle est tellement parlante, cette expression! Le Seigneur a tout d'abord appelé à l'observance intérieure de ce jour particulier, affirmant que lors du sabbat, tout en s'abstenant d'occupations terrestres, il est donc permis de faire le bien. (Matthieu 12; 12). Alors que les Juifs disaient au paralytique guéri: «aujourd'hui c'est le sabbat; tu ne devrais pas porter ton grabat», le Seigneur continuait à guérir. Quand les disciples du Seigneur eurent faim et cueillirent des épis le jour du sabbat et les mangèrent, le Christ dit aux Juifs de ne pas les condamner, comme ils ne condamnaient pas le prophète David qui, dans une situation de dénuement extrême, prit les pains de proposition que seuls les prêtres pouvaient consommer, et les mangea. Ce n'est pas en vain que le Christ est appelé le Seigneur du sabbat, Qui plaça l'amour au-dessus de tout, ce jour-là.

Comme le note le poète et écrivain Ivan Stépanovich Prokhanov «le Christ non seulement observait le sabbat de façon générale, mais Il l'observait mieux que les Juifs de l'époque. De plus, le Christ considérait que le sentiment de pieux respect des Juifs pour le sabbat était un sentiment très bon et légitime, et c'est pourquoi, prédisant la destruction de Jérusalem, Il conseilla aux disciples de prier pour que leur fuite ne doive se produire pendant l'hiver ou un jour de sabbat (Matthieu 24, 20), car, éprouvant ce pieux respect du sabbat, ils ne pouvaient parcourir en ce jour qu'une distance limitée, et donc ils mourraient en plus grand nombre que n'importe quel autre jour.

En outre, nous disposons d'une indication valide signifiant que le Seigneur observait le jour du sabbat. Nous lisons dans Luc 23, 56 que les femmes, disciples du Christ, «le jour du sabbat, ... demeurèrent en repos, selon le précepte.». Nous sommes nous-mêmes souvent hypocrites, pharisiens, nous cherchons des prétextes pour nous justifier dans la vie; nous disons : «le Seigneur a enfreint le sabbat, donc nous pouvons aussi enfreindre le dimanche, puisque ce jour a remplacé le sabbat» ou, «Je l'ai fait parce qu'on me l'a dit». Et nous ne voyons pas que nous avons commis un péché pour accomplir ce qui nous avait été dit. Le Seigneur a toujours appelé au bien. Avez-vous réussi à préserver l'amour dans vos relations avec votre prochain, en observant votre règle, en appliquant la loi, en accomplissant vos tâches ou même ce qui est exigé de vous? C'est cela que le Seigneur nous demandera au Jugement Dernier, et non ce que nous aurons ou n'aurons pas accompli.

Voici ce que dit à ce propos le Métropolite Antoine Khrapovitski : «Ce ne sont pas les règles qui nous ouvrent le chemin qui mène à Dieu. Quand ce chemin est déjà ouvert, alors les règles peuvent nous servir de béquilles. Elles ne sont pas une condition pour aller vers Dieu, mais une béquille qui nous aide à aller à Sa rencontre, communier, vivre avec Lui. Mais si cette voie n'a pas encore été ouverte, aucune règle n'aidera». Ainsi, ce n'est que dans un esprit d'amour que nous pouvons percevoir toute la loi, traiter les gens avec miséricorde, agir avec bonté de cœur selon notre conscience. Alors la bonté de Dieu ne suscitera pas d'envie pharisienne : «Pourquoi a-t-elle été guérie, mais pas moi?» Alors le jour du dimanche deviendra pour nous le jour de la paix intérieure de l'âme, qui s'ajoute à la Communion aux Très Purs Mystères du Christ lors de la Liturgie, et ensuite, à la garde prudente de tout péché et à d'innombrables bonnes actions qui viennent du cœur et ne se terminent jamais.

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