Le Saint Mégalomartyr Théodore Stratilate

8 / 21 février

Saint Théodore était un guerrier de l'armée romaine, un homme intrépide et courageux. Il vivait dans la ville d'Euchaïte, confessant secrètement sa foi en Jésus-Christ, car c'était le moment des persécutions les plus cruelles. Dans les environs d'Euchaïte, il y avait un champ dans lequel un énorme serpent gîtait dans un trou profond. Quand il sortait de sa tanière, la terre tremblait en cet endroit. Une fois sorti, le monstre vorace attaquait hommes et animaux et en exterminait beaucoup. Théodore, ayant entendu parler de cela, pria Dieu et se dit : «J'irai délivrer ma patrie de ce fléau par le pouvoir du Seigneur Jésus-Christ».

Il monta sur son cheval et s'en alla jusqu'au champ, et, s'approchant du gîte du serpent, il lui cria : «Je te l'ordonne au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qui a souffert pour le genre humain : sors de ta tanière et rampe vers moi». Le serpent, entendant la voix du Saint, remua, et tout autour la terre trembla. Théodore se signa du signe de la Croix et tua le serpent de son épée. Après cela, grâce à Dieu, il retourna dans son régiment. Alors beaucoup de gens d'Euchaïte crurent en Christ et reçurent le Baptême.

La nouvelle de l'exploit de Saint Théodore parvint aux oreilles de l'empereur lui-même, et celui-ci le récompensa pour son courage, en le nommant gouverneur (stratilate) de la ville d'Héraclée. Quand il le récompensa, l'empereur ignorait que Théodore était chrétien, et celui-ci, vivant à Héraclée, prêcha le vrai Dieu. En peu de temps, presque tous les héracléens crurent au Christ et furent baptisés. Bientôt, ceci fut rapporté à l'Empereur Licinius, qui se rendit auprès de Théodore avec sa suite et de nombreux soldats. À la veille de l'arrivée de l'empereur, la nuit où Théodore priait, il eut une vision : il se vit dans l'église, dont le toit s'ouvrit. Une lumière céleste resplendit et une voix retentit: «Ose, Théodore! Je suis avec toi». L'empereur entra dans Héraclée, mais le Saint ne voulut pas prêcher immédiatement le Christ devant lui : lorsque Licinius exigea que Théodore offrit des sacrifices aux idoles, il donna son accord, demandant seulement de lui confier ces idoles jusqu'au lendemain matin. L'empereur le permit, et Théodore, emportant chez lui les statues d'or et d'argent, les brisa en morceaux qu'il distribua aux mendiants.

Apprenant cela, Licinius entra dans une terrible colère et livra Théodore à la torture. Il fut flagellé avec des nerfs de bœuf, sur le dos et sur le ventre, puis battu avec des barres d'étain, raboté avec des griffes de fer et brûlé avec des cierges. Ensuite, Théodore fut jeté en prison pendant cinq jours et affamé, et après,  cloué sur la croix, comme autrefois notre Seigneur et Sauveur. Le corps du martyr était tellement déchiré que tout le monde pensait qu'il allait bientôt mourir et on le laissa pendre à la Croix. Mais la nuit, un ange du Seigneur libéra et guérit complètement le Saint.

Quand les guerriers arrivèrent à la croix le matin pour enlever le corps de Théodore, ils le rencontrèrent lui-même, assis par terre, chantant des louanges à Dieu. Alors ces guerriers, septante soldats et deux centurions, crurent en Christ. L'empereur envoya trois cents soldats dirigés par son vice-roi Sixte pour tuer tous les croyants. Mais beaucoup s'enfuirent et tous se mirent à confesser unanimement : «Unique est le Dieu des chrétiens, et il n'y a rien d'autre que Lui!»

Des troubles éclatèrent au sein du peuple. Le Vice-Roi Sixte et d'autres païens furent tués. Mais Théodore dit haut et fort «Bien-Aimés, arrêtez! Le Seigneur Jésus-Christ, suspendu à la Croix, a retenu les anges afin qu'ils ne se vengent sur le genre humain».


Les chrétiens obéirent à Théodore et, quand arriva un guerrier envoyé par Licinius, ils ne le tuèrent pas alors qu'ils en avaient eu l'intention, car le Saint Martyr Théodore leur dit: «Frères et pères! Il convient que je m'en aille maintenant vers mon Seigneur».


Il se signa et offrit sa tête au tranchant de l'épée. Il fut enterré avec les honneurs à Euchaïte, et de nombreux miracles s'accomplirent devant les reliques du Saint Martyr, à la gloire du Christ notre Dieu. Amen.

L'amour vrai et le faux amour

Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ?  (1Cor.6;7)

 

L'amour vrai, c'est toujours dévouer son âme et sa vie pour les autres.


Le faux amour est toujours artificiel et égoïste et cherche à soumettre les autres à sa volonté.

L'amour vrai n'entrave pas la liberté des autres, car il est source d'aide et de soutien désintéressés pour tous et il ne n'exige pas en rétribution une attention particulière.


Le faux amour n'aime les autres que pour la satisfaction de soi-même et la satisfaction des préférences de celui qui aime; il est donc toujours exigeant et dominateur.

L'amour vrai n'est pas une expérience spirituelle et il n'est pas nécessaire de le susciter artificiellement, car il est le don Divin d'une âme humble et noble qui a renoncé à elle-même.


Le faux amour est toujours émotionnel et sentimental et se transforme instantanément en ressentiment, en irritation ou en colère à la moindre inattention de la part des autres.

L'amour vrai est l'univers béni de Dieu, c'est un cœur pur et doux.


Le faux amour est une tentative vaine de la part d'une âme égoïste de construire l'amour selon son propre modèle.

L'amour vrai est l'état spirituel d'un cœur qui a été Sauvé en Christ et qui aide les autres à être sauvés.


Le faux amour est une expérience égoïste qui procure de la souffrance à soi-même et aux autres, et ferme la voie du salut à soi-même et aux autres par son attachement.

Seul le cœur béni qui a trouvé l'amour vrai peut dire : «Christ est entre nous», car «celui qui s’unit au Seigneur est un seul esprit avec Lui».( 1 Cor 6, 17).

Homélie pour la semaine du publicain et du pharisien

 

Chers frères et sœurs, peu à peu, nous approchons du Grand Carême. Et hier, lors des vigiles, pour la première fois cette année, à la lumière des bougies, nous avons écouté avec vous l'hymne «Ouvre-moi les portes du repentir, Dispensateur de Vie...». Le Grand Carême est une période de repentir spécial, au cours de laquelle le croyant plonge lentement, avec toute son attention, dans les profondeurs de son âme. Il extrait des cachettes de celle-ci et remonte à la lumière de Dieu la souillure du péché qui niche en nous, essayant de rétablir dans son âme la pureté et l'ordre que Dieu y avait instaurés. Il offre alors le pur repentir de ses péchés. C'est pourquoi, à la veille du Grand Carême, l'Église nous enseigne le vrai repentir, nous offrant la parabole du publicain et du pharisien.

Notre Seigneur Jésus-Christ, quand Il raconte la parabole, l'adresse à Ses auditeurs, ceux qui L' écoutent mais considèrent que les paroles du Seigneur de s'appliquent pas à eux, se trompant au sujet de l'élévation de leur vie spirituelle. Après tout, le Christ est venu pour sauver les pécheurs, pas les justes. Tout comme les malades ont besoin d'un médecin et non ceux qui sont en bonne santé. À ses auditeurs «persuadés de leur propre perfection, et pleins de mépris pour les autres»(Luc 18;9), le Sauveur révèle leur véritable situation et leur montre l'endroit où ils se trouvent réellement maintenant, et non celui où ils essaient de s'élever par eux-mêmes.

Deux personnes entrèrent dans le temple pour prier, ainsi commence la parabole du Christ, un pharisien et un publicain. Voici comment ils prièrent; nous voyons leurs points de vue respectifs, selon la hauteur desquels ils pensaient qu'il leur était permis de s'adresser à Dieu. Le pharisien, se tenant droit, priait en lui-même comme ceci : «ô Dieu! je te remercie de ne pas être comme les autres, les voleurs, les agresseurs, les adultères». Et, remarquant le publicain qui se tenait à proximité, le pharisien ajoute : «ou comme ce publicain». Plus loin, le pharisien commence à énumérer ses vertus devant le Dieu Qui connaît les cœurs : « je jeûne deux fois par semaine, je donne un dixième de tout ce que j'acquiers.» Et, comme dans un magasin, le pharisien présente sa facture à Dieu, exigeant d'être payé, c'est-à-dire que le Seigneur récompense de Ses bienfaits ce prétendu juste pour ses vertus.

Écoutons ce que fut la prière du publicain. Le publicain savait très bien qu'il était loin d'être juste. La conscience qu'il tentait d'endormir pendant qu'il effectuait son travail lui rappelait néanmoins qu'il travaillait pour le pouvoir romain d'occupation, et qu'en collectant des impôts, il dépouillait son peuple, et qu'en alimentant le trésor d'outre-mer, il n'oubliait jamais sa poche. C'est ce publicain, dépourvu de toute forfanterie (parce qu'il sait très bien qu'il n'a absolument pas de quoi être fier de lui-même), se tenant loin et n'osant même pas lever les yeux au ciel, qui se frappe la poitrine avec repentir, criant : «ô Dieu!sois miséricordieux envers moi, pécheur!"(Luc 18, 13).

Alors, laquelle de ces prières est la plus agréable à Dieu? Celle du pharisien hautain ou du publicain repentant? Rappelez-vous les paroles du Seigneur selon lesquelles il y a plus de joie dans le Ciel à propos d'un pécheur qui se repent, qu'à propos de cent justes. Saint Nil le Sinaïte dit que «la prière de l'humble fait s'incliner Dieu mais la prière de l'orgueilleux L'insulte». "Je vous le dis, celui-ci descendit justifié dans sa maison, plutôt que celui-là ; car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. (Luc 18, 14). Écoutons les paroles du Canon d'hier : 'les vertus du pharisien furent vidées par sa propre exaltation' , c'est-à-dire qu'elles perdirent leur valeur aux yeux de Dieu. Et l'humilité du publicain anéantit tout mal, c'est-à-dire que ses péchés furent pardonnés (Ode 1, tropaire 3), et il a été élevé par son humilité (Ode 1, tropaire 1). Selon le témoignage de Saint Ephrem le Syrien, «les pécheurs humbles et sans bonnes actions sont justifiés, mais les justes par l'orgueil détruisent beaucoup de leurs œuvres».

Saint Théophane le Reclus écrit: «Maintenant, la parabole du publicain et du pharisien s'adresse à chacun de nous; ne comptez pas sur votre justice, comme le pharisien, mais mettez tout l'espoir de votre salut dans l'infinie miséricorde de Dieu....quelles que soient nos bonnes œuvres, nous devons toutes les considérer comme insuffisantes...» C'est pourquoi, frères et sœurs, laissons de côté tout jugement. Et ne nous glorifions pas vis-à-vis de ceux qui ne vont pas à l'église, qui ne jeûnent pas et ne prient pas. Ne nous considérerons pas comme plus justes que les autres, mais reconnaissons-nous plutôt comme les plus grands pécheurs que le Seigneur est venu sauver sur terre.

Telle est la leçon d'humilité et de repentir dépourvu de toute hypocrisie que la Sainte Église nous enseigne avant le début de la période pendant laquelle nous, frères et sœurs, devons apporter notre repentir au Seigneur Dieu et, dans l'intérêt de notre âme, parcourir le Grand Carême salvateur qui nous est présenté. Souvenons-nous des paroles du Seigneur selon lesquelles les publicains et les prostituées qui se repentent entreront tous dans le Royaume des Cieux. «Ne prions pas comme les pharisiens, frères» (Stichère du 'Seigneur je crie vers Toi...' - Triode), mais en imitant le repentir du publicain, nous crierons humblement: ô Dieu! sois miséricordieux envers moi, pécheur. Amen.

Le Saint Apôtre Onésime, membre des septante

12/28 février

 

Onésime était l'esclave de Philémon, chrétien de rang aristocratique qui par la suite devint lui aussi apôtre.

Coupable d'une faute aux yeux de Philémon et craignant le châtiment, Onésime fuit son maître, part à Rome et y rencontre l'Apôtre Paul, qu'il entend annoncer la Bonne Nouvelle de la parole du Christ. Il se fait baptiser et le sert activement. Paul envoie alors une lettre à Philémon, et celui-ci libère avec joie son ancien esclave, devenu maintenant son frère en Christ. Et, conformément au désir de l'apôtre Paul, il ramène Onésime à Rome.
Là, celui-ci est ordonné évêque et, à la mort des Saints Apôtres Pierre et Paul, il va prêcher le Christ en Espagne, en Grèce et en Asie. Finalement il est capturé par les païens et torturé pour avoir confessé le Christ.

On le ramena à Rome, devant le Gouverneur Tertulle, qui emprisonna Onésime pendant 18 jours. Les fidèles venaient à lui et amenaient avec eux des païens qui, en entendant la parole de l'Apôtre, se tournaient vers la vraie foi. Après cela, le Saint Apôtre fut envoyé en prison à Poutiola (ville en Italie), où également il annonça la Bonne Nouvelle du Christ. Cela fut rapporté à le Gouverneur, et sur les ordres de Tertulle, Onésime fut battu avec des bâtons jusqu'à ce que beaucoup de ses os soient fracturés, puis on lui trancha la tête.

Une femme de lignée royale prit le saint corps de l'Apôtre, le déposa dans une châsse d'argent et honora sa mémoire avec zèle. Ce faisant, elle obtint du Seigneur une mémoire éternelle dans le Royaume des Cieux par les prières du Saint Apôtre Onésime. Veuille notre Seigneur Jésus-Christ nous l'accorder également, Lui dont la gloire est éternelle. Amen.

La Parabole du fils prodigue

 

Pourquoi donc, bien-aimés de Dieu, nous retrouvons de nouveau face au repentir? N'aurions-nous pas suffisamment parlé de cela? Mais sans doute n'est-ce pas par hasard qu'on dit que les Anges se réjouissent dans le ciel quand un seul pécheur se repent. Pourquoi? Parce que les Anges et tout le ciel comprennent qu'à la racine de tout mal se trouve le péché, et souvent, l'homme met très longtemps avant d'arriver à cette vérité.

 

1. La parabole du fils prodigue. Le malheur.

 

La première chose qui mena le fils prodigue vers le repentir, ce fut le malheur qui s'abattit sur sa famille. Cela s'avéra être un remède salutaire pour cette famille qui concrètement se disloquait. Le fils cadet partit. Comme on le lit par la suite, la raison de ce malheur fut, évidemment, le péché. Car le conflit ne régnait pas seulement entre le fils cadet et le père. Sans les conflits on ne quitte pas la maisonnée, n'est-ce-pas? Si dans la famille tout le monde vit bien, si tout est en ordre dans la maison, alors pourquoi se séparer?

Pourquoi cette séparation se produisit-elle? Pourquoi le fils cadet se sépara-t-il de son père? Dans la suite de la parabole, il devient clair que la paix ne régnait pas entre les fils, car lorsque le fils cadet revint, nous lisons que le fils aîné ne voulut pas participer à la liesse du père, ni au festin familial. Cela signifie que dans la famille régnait le désordre. Pour quelle raison? Lorsque nous, qui avons été éduqués dans la culture russe, sommes confrontés à de telles situations, nous commençons par demander, par habitude, «Qui est coupable?» et «Que faire?», n'est-ce-pas? Toutefois, la parole de Dieu nous enseigne à rechercher non pas celui qui a tort, mais ce qui est inapproprié. L’Évangile nous dévoile la raison de cette tragédie. En quoi consiste-t-elle? Voici le témoignage du fils cadet: «Alors, rentrant en lui-même, il dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi, je meurs ici de faim ! Je me lèverai et j’irai à mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché...» (Luc 15;17-18).

Ainsi, la Parole de Dieu révèle que la racine de tout chagrin, malheur et désordre, c'est le péché. Chercher les coupables, c'est attiser le feu. Nous devons trouver le péché, et cela donnera la clé permettant résoudre le problème.

Un jour, le Saint-Esprit a dit: «votre bon droit vous perdra». Il importe de commencer avec la cause du problème: ne cherchez pas les coupables, mais cherchez le péché et éliminez-le. Donc, la première chose à faire pour se repentir est de prendre conscience et de reconnaître le danger extrême du péché si nous ne l'éliminons pas de notre vie.

 

2. Parabole du fils prodigue. Situation dans l'impasse.

 

La deuxième condition du repentir, c'est l'impasse de la situation. Le péché a trompé le fils prodigue et l'a amené dans une situation telle qu'il envie même les porcs. Le péché l'avait rejeté dans les tréfonds de la vie. Il n'avait plus nulle part où aller. Le péché l'avait piétiné dans la boue. Son péché le trompa, le séduisit, le détruisit, l'encercla. Le péché dans le cœur, le péché dans la situation, le péché dans le chemin lui même, le péché dans la position, le péché devant et derrière. Alors, c'est le désespoir qui pousse l'homme à réfléchir, à s'arrêter sur le chemin qu'il a emprunté et à se repentir.

 

3. Parabole du fils prodigue. Décision.

 

Le troisième point, c'est la décision. D'aucun penseront qu'une expérience extraordinaire ou une émotion étourdissante est nécessaire pour accéder au repentir. Effectivement, ce fut le cas pour le fils prodigue. Il avait cette bonté débordante. Mais qui souhaiterait vivre toutes ces émotions? Ne peut-on pas se passer d'elles? N'est-il pas préférable de prendre immédiatement une décision: «Seigneur, Tu es Saint, et je suis pécheur, pardonne-moi!». Je ne veux pas aggraver ma situation, l'amener au point de me jeter dans la boue et de laisser toute cette abomination se déverser sur ma tête. Je ferais mieux de prendre cette décision immédiatement. «Je me lèverai, j'irai vers mon père». Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que la décision a mûri dans le cœur, qu'il y a eu un virage de la volonté, qu'un plan d'action a émergé. La volonté est le noyau de la personnalité qui détermine la direction de ses voies et de ses actions. Donc, le repentir nécessite une décision émanant de la volonté.

 

4. Parabole du fils prodigue. Admettre sa propre culpabilité.

 

La quatrième condition consiste à reconnaître sa propre culpabilité. Que fit-il ensuite? «Je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le Ciel et contre toi». «Et tu dis : «Oui, je suis innocente ; certainement sa colère s’est détournée de moi». Me voici pour te faire le procès sur ce que tu dis : «Je n’ai pas péché !»» (Jér. 2,35). Peut-être irions-nous jusqu'à nous attendre à gagner un procès contre Dieu? Qui peut se disputer avec son Créateur? Sommes-nous plus forts que Lui? Il vaut mieux admettre notre culpabilité. Mais quelle est ma faute? Quand je suis allé à l'église pour la première fois et que j'ai entendu un sermon sur le repentir, je me suis demandé: «quelle est ma faute?».

J'étais le pécheur le plus obstiné parce que j'essayais de mener une vie morale. Puis il m'a été révélé : «Déjà, je suis coupable de ne pas avoir cru en Toi». Ce type de repentir est la racine de notre salut. Et la racine non seulement soutient l'arbre, mais elle le nourrit également. Le salut commence par le repentir, mais il continue. Comme Luther l'a bien dit, le repentir est l'exploit ascétique de toute une vie.

 

5. Parabole du fils prodigue. «Indigne d'être appelé fils»

 

Le cinquième point, c'est ce qu'il dit à son père : «je suis indigne d'être appelé ton fils». Admettre sa culpabilité, c'est d'abord s'humilier. Sans humilité, le repentir est impossible. Mais l'humilité est liée à l'abaissement, à la honte. Évidemment, l'humilité n'est pas un plaisir, mais «Ceux qui sèment dans les larmes, moissonneront dans l’allégresse. Ils vont, ils vont en pleurant, portant et jetant la semence ; ils reviendront avec des cris de joie, portant les gerbes de leur moisson» (Ps.125;5-6).

Pour terminer, il convient de dire le plus important: sans la foi, le repentir est impossible. Entamant son chemin vers son père, le fils cadet croyait qu'il ne serait pas rejeté et il fut récompensé pour sa foi. La foi est la première étape du repentir et elle grandit avec elle. Le chemin du repentir est le chemin de la Croix, mais tout n'est pas aussi sombre que cela puisse paraître à première vue. je veux dire deux choses qui peuvent encourager ceux qui entrent dans cette voie. Il n'est pas toujours facile et simple de se repentir, surtout quand on n'a pas d'expérience dans ce labeur spirituel, lorsqu'on rencontre ce besoin pour la première fois. Mais quelles que soient les difficultés, peu importe ce qu'il nous faille traverser, en entamant ce chemin inconnu et inexploré de la vie spirituelle, souvenons-nous fermement d'une chose: Dieu est avec nous! Il voit notre cœur et endure les difficultés avec nous.

Ce n'est pas un hasard si dans la parabole, le vieux père courut à la rencontre du fils qui s'approchait, le prit par le cou et l'embrassa. Cela ne prouve-t-il pas que Dieu est à nos côté, qu'Il n'est pas indifférent à nos difficultés et à nos luttes? Le repentir ouvre la voie vers Dieu; c'est le début d'une merveilleuse communion avec Lui et il incline vers nous le cœur aimant de notre Père céleste. Père et fils s'embrassent avec force. L'amour a surmonté le gouffre de l'aliénation et de la division que le péché avait creusé. En quoi la victoire de l'amour réside-t-elle? Dans le repentir.

Le cœur aimant ne s'arrêtera jamais devant la nécessité de se repentir et même, il sera toujours le premier à demander pardon. Le cœur aimant sera toujours capable de comprendre et de pardonner le coupable. Nous arrivons ici à de nouveaux horizons radieux que le repentir nous révèle. De nos jours, on parle beaucoup de la manière d'atteindre la bénédiction. Vous pouvez entendre une variété de conseils à ce sujet, mais pour une raison quelconque, le repentir reste souvent à l'arrière-plan. Le fils qui revenait attendait la punition, mais est entré au banquet, où il reçut nouveaux vêtements et nouvelles chaussures, ainsi qu'une bague au doigt, ce qui symbolise le rétablissement complet des droits de filiation et la dotation de la force.

Tout ce qui est sombre et terrible dans la vie et le cœur du pécheur repentant cède la place à la joie et à l'allégresse du pardon et de l'accueil au sein de la famille céleste. Sur cette note majeure, nous devons interrompre notre réflexion sur le repentir. Ici, les mots de l'Ecclésiaste sont très appropriés: «Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire» (Eccl.1;8). Que cette parole soit un bon message au pèlerin qui s'est engagé sur le chemin qui mène à la Cité céleste.