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Historique de la paroisse

Comme nombre de communautés orthodoxes en Occident, la paroisse des saints Panteleimon et Nicolas à Bruxelles est issue de l’émigration russe. Ses origines remontent à 1920, quand une dame russe travaillant pour la Croix-Rouge à Constantinople, Anastasie Kouzmina-Karavaiev (née Sélivanoff, 1886-1940), ouvrit un pensionnat pour les enfants orphelins ou perdus dans l’exode postrévolutionnaire. Auprès de l’institution fut créée une chapelle, dédiée à saint Panteleimon, que desservira le Père Vladimir Féodoroff (1873-1954). En 1923, le pensionnat fut transféré de Turquie en Belgique : après un bref passage à Namur et au centre de Liège, il s’établit, avec l’aide d’organisations caritatives catholiques, dans la capitale belge en 1925-26.

 

Le pensionnat trouva son point d’attache définitif en 1929 dans une petite propriété de la commune d’Etterbeek (l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, non loin de l’actuel « quartier européen ») constituée de deux bâtiments séparés par un jardin : une spacieuse villa anciennement surmontée d’une petite tour (donnant sur la rue de la … Tourelle) et un garage où fut installée l’église (entrée par la rue Demot). Le lieu de culte fut aménagé par les paroissiens eux-mêmes qui, étant pour la plupart des enfants ou des membres du personnel du pensionnat, formèrent un véritable « foyer familial » russe, avec ses cours de catéchèse, de langue et d’histoire russe, sa chorale, ses fêtes, l’organisation de camps de vacances, etc. L’église relevait du diocèse du Métropolite Euloge, représenté en Belgique par son auxiliaire, Mgr Alexandre (Nemolovsky).

 

Durant la Seconde guerre mondiale, la pension ferma ses portes, et l’église devint le siège d’une paroisse « ordinaire » (la maison de la Tourelle sera également détruite après-guerre ; il ne restera plus que le bâtiment de l’église). Après le départ du Père Vladimir vers la France en 1940, c’est le Père Georges Tarassov (futur Archevêque Georges de Syracuse, 1893-1981) qui fut nommé recteur, et le restera jusqu’à la fin de sa vie en 1981.

 

En 1946, l’église (cathédrale) de saint Nicolas à Bruxelles ayant – sous l’égide de Mgr Alexandre – choisi l’obédience du patriarcat de Moscou, des fidèles mécontents rejoignirent la paroisse de saint Panteleimon, « apportant » avec eux saint Nicolas de Myre qui devint le second patron de l’église. La paroisse accueillit aussi des membres de la « seconde vague » de l’émigration russe, consécutive au second conflit mondial (« personnes déplacées », etc.). L’on venait de toute la Belgique, voire de France ou des Pays-Bas, se recueillir dans cette église, petite mais chaleureuse.

 

Dans les années 1960-70, la paroisse fut desservie par différents prêtres et un autre évêque : Mgr Paul Golychev (1914-79, revenu d’Urss). La période récente de la vie paroissiale est, elle, liée à la figure du Père Serge Konovalov (Archevêque Serge d’Eucarpie, 1941-2003), qui en fut le recteur de 1980 à son décès.

 

Aujourd’hui, la paroisse est desservie par le Père Prokhor Spassky. Les célébrations ont lieu en slavon et, occasionnellement, en français. Conformément au système des cultes en vigueur en Belgique, la paroisse est reconnue par les autorités publiques. Malgré la disparition progressive des anciens paroissiens, l’église reste chère au cœur de beaucoup, en raison de ses traditions presque centenaires et surtout de son atmosphère de prière véritablement familiale. En définitive, il n’est peut-être pas si étonnant que cette paroisse, a priori modeste, ait donné à l’archevêché deux primats…

Père Serge Model


Publié dans le Feuillet de l’Exarchat, n°45 (mai 2012), p. 2-3.

 

http://archiepiskopia.be/index.php?content=article&category=library&id=2013-05-27-1&lang=fr

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