Le Baptême du Seigneur et ses trésors sacrés, dans la Tradition

De la même manière que pour chaque chrétien, la naissance est suivie peu de temps plus tard par la baptême, la Nativité du Christ est suivie par une autre des douze grandes fêtes, célébrée le 6 / 19 janvier: le Baptême du Seigneur, ou comme on l'appelle aussi, la Théophanie.

 

Les orthodoxes connaissent bien le récit évangélique de Jésus-Christ recevant le baptême de l'eau dans les eaux du Jourdain, d'où est tiré le nom de la fête : le Baptême. Mais peut-être tout le monde ne se souvient-il pas de l'origine de son deuxième nom: la Théophanie?

 

C'est dans les versets de l’Évangile qu'on peut trouver la réponse à cette question. On y raconte qu'au moment du Baptême du Seigneur, le Saint-Esprit descendit sur le Christ sous la forme d'une colombe, et la voix de Dieu le Père retentit du ciel : « Celui-ci est Mon fils bien-aimé, en lui est ma faveur». Ainsi, le Seigneur s'est manifesté dans la triunité des Hypostases Divines: le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Je veux m'arrêter sur un autre point important: malgré le fait que la fête du Baptême se réfère au Seigneur, c'est-à-dire qu'elle est principalement consacrée à la personne du Christ, il ne faut pas oublier un autre Saint qui est directement lié à ces événements : Saint Jean le Baptiste. Nous savons tous que c'est par lui que Jésus fut baptisé dans les eaux du fleuve Jourdain. Et pourtant, sa personnalité est presque toujours reléguée au second plan, bien qu'elle soit liée au Christ par des liens indissolubles. Rappelez-vous que le récit évangélique du Baptême du Sauveur commence par l'histoire de Saint Jean le Baptiste, le précurseur du Seigneur, et de ses prédications. La Tradition de l’Église nous enseigne que la très Sainte Vierge et Mère de Dieu et la mère de Saint Jean le Baptiste, Sainte Élisabeth, étaient cousines. Jean n'avait que six mois de plus que Christ et, à certains moments, sa biographie ressemble à la vie terrestre du Christ. Tout comme le Christ, il chemina avant de commencer à prêcher, il endura la solitude volontaire dans le désert et le jeûne rigoureux et prolongé. Ce ne fut pas par hasard que le Christ Lui-même appela Jean le plus grand de tous les prophètes nés d'une femme.

 

On se souvient aussi plus rarement des sermons de Saint Jean le Baptiste que des prédications du Christ, et l'Évangile en parle moins. Que sait-on d'eux et qu'est-ce qui les distingue ?

 

Saint Jean le Baptiste a prêché dans de nombreux endroits, mais ses prédications les plus importantes furent ses sermons sur les rives du fleuve Jourdain,  lieu des ablutions religieuses traditionnelles des Juifs, et donc déjà considéré comme sacré. Le principal leitmotiv de tout ce que Jean cherchait à transmettre au peuple était le repentir des péchés. «Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche», disait-il, identifiant ce Royaume à la venue imminente de Jésus-Christ, préparant le peuple à L'accueillir et à vivre vie une nouvelle avec le Seigneur. Le Saint Précurseur souligna toujours cela, rappelant constamment «Après moi vient Celui qui est plus grand que moi». Et ce n'est qu'après la repentance qu'il appelait au «baptême pour la rémission des péchés». Il est important de comprendre que le baptême de Jean était précisément un baptême de repentir, contrairement au Mystère du Baptême que l'Église accomplit maintenant, à l'image de la Sainte Trinité, dans une vie nouvelle et éternelle. Et pourtant, il était sans équivoque le prototype du Baptême contemporain.

 

Pourquoi accepte-t-on de nos jour de baptiser les enfants en bas-âge, alors que Jésus reçut le baptême à l'âge adulte ?

 

Nous savons effectivement qu'au moment de Son Baptême Jésus Christ avait atteint l'âge de trente ans, et dans les premiers temps du christianisme, il était d'usage de baptiser les gens lorsqu'ils avaient atteint l'âge adulte et avaient conscience de la démarche. On considérait qu'ils devaient comprendre l'essence de ce Mystère, s'y préparer en tant que catéchumènes, et parfois, en parcourant un certain chemin spirituel. Et cela a du sens, mais la mort peut surprendre l'homme à n'importe quel âge, et notamment pendant son enfance. Jadis ceci arrivait assez fréquemment, et le défunt s'en allait, privé de baptême. Maintenant, nous tenons compte de cela et dans la mesure où le petit enfant ne peut recevoir consciemment le Mystère du Baptême, celui-ci est accompli à travers la foi du parrain, de la marraine, c'est-à-dire, les parents de baptême.

Fait intéressant, dans les premières représentations de l'événement du Baptême du Seigneur, le Christ apparaît souvent jeune et sans barbe. Plus tard, dans le cadre de l'iconographie, il a commencé à être représenté de façon traditionnelle, ayant atteint l'âge approprié. Mais en tous temps cet événement a invariablement été représenté dans la version à deux personnages, où Saint Jean le Baptiste est présent à côté du Christ.
Une autre tradition dans l'ancienne Église était le baptême des catéchumènes, comme on appelait alors les convertis, lors de la fête du Baptême du Seigneur. Cela se passait également le Grand Samedi, afin que les gens puissent célébrer la grande fête de Pâques en étant déjà baptisés. On essayait généralement de faire coïncider les baptêmes de masse avec le jour de la Théophanie, à l'image du Baptême du Christ Sauveur Lui-même. Ce n'est pas en vain que ce jour de fête est appelé le «jour de l'illumination», la «fête de la Lumières» qui éclaire l'âme et lui donne de la force.

Et justement, le Baptême du Seigneur fut le jour de la première apparition du Christ au peuple d'Israël. Je ne sais pas si l'artiste Ivanov avait réfléchi à cela, quand il donna ce nom à son célèbre tableau, mais il se fait que ce nom correspond précisément au propos. C'est à partir du moment du Baptême, de la Théophanie, que le Christ fut suivi par ses premiers disciples; André, qualifié non par hasard, de «Premier Appelé» et son frère Simon qui par la parole que lui adressa le Sauveur fut nommé Pierre. Après eux, Philippe et Nathanaël. Ainsi, une nouvelle page de la vie terrestre de Jésus Christ fut ouverte: Son service au monde commençait.


Les deux Évangiles, ceux de Matthieu et Luc, mentionnent également des événements ultérieurs de la vie du Christ: la façon dont Il s'est retiré pendant quarante jours dans le désert, où Il a passé tout ce temps à jeûner pour Se préparer au service à l'humanité. Ce jeûne de quarante jours nous rappelle certainement le Grand Carême. Mais il ne faut pas oublier que le jeûne est aussi prescrit la veille du Baptême, le 5/18 janvier. Ceci étant, si la fête du Baptême tombe le mercredi ou le vendredi, il n'y a pas de jeûne ce jour-là, à cause de la solennité de la fête.

 

Pour la majorité des gens, même ceux qui sont loin de l'Orthodoxie, le Baptême est associé à la consécration de l'eau.

 

Ce n'est pas surprenant, car cette tradition a existé, immuablement, depuis les premiers siècles du christianisme jusqu'à nos jours, et elle restera pour toujours une partie caractéristique et inaliénable de la fête. L’Église appelle aujourd'hui sanctification de l'eau ce grand événement, sans doute un des plus grands, celui de l'eau ordinaire qui acquiert des propriétés miraculeuses.
Je vous rappelle que la grande consécration de l'eau est célébrée deux fois : la veille du Baptême, le 5/18 janvier et le 6/19, le jour même de la fête. La tradition de sanctifier l'eau la veille de la fête remonte à l'ancienne pratique des baptêmes de masse de convertis, mentionnée ci-dessus.

Une autre tradition est à la source de la consécration de l'eau lors de la Théophanie: la tradition née parmi les chrétiens de Palestine qui se rendaient au Jourdain, à l'endroit même où le Christ avait été Baptisé. En les imitant, nous qualifions la grande consécration de l'eau de «marche au Jourdain». Dans la tradition d'avant la révolution, il était d'usage de célébrer la consécration de l'eau le 5/18 janvier dans l'église et le 6/19 sur des plans ou cours d'eau ouverts. Mais maintenant, les deux grandes célébrations ont lieu le plus souvent à l'intérieur de l'église.

 

Existe-t-il une différence entre l'eau consacrée le jour de la fête et celle consacrée la veille ?

 

Absolument aucune différence. L'une et l'autre sont qualifiées «d'eau du Baptême», elles sont consacrées à travers le même office et ont les mêmes propriétés. Selon la tradition ancienne, les gens ont toujours essayé d'obtenir tant l'eau de la veille de la fête que celle du jour de la fête. Pas à cause d'une différence entre elles, mais parce que la sanctification de l'eau est en soi un rite de la grâce, qui signifie la présence de Dieu sur terre, avec nous.
L'eau du Baptême a un grand pouvoir, cela ne fait aucun doute. On peut parler longuement de ses propriétés, qui apportent aux gens guérison physique et spirituelle. Je dirai seulement que dans les temps anciens, les gens qui avaient commis des péchés graves et étaient privés dès lors des Saints Dons, pouvaient communier avec cette eau.

Et bien sûr, il est indispensable d'adopter une attitude respectueuse envers l'eau du Baptême. Conservez-la dans le beau coin, auprès des icônes. Et si quelqu'un conserve de l'eau en grande quantité, alors que ce soit dans un endroit propre et agréable, et non dans le réfrigérateur ou le sous-sol, et dans un récipient en verre propre, pas dans des bouteilles en plastique ayant contenu toutes sortes de boissons. Vous pouvez toutefois y récolter l'eau, mais ensuite, il faut absolument la transvaser. Et ce n'est pas pour qu'elle ne se corrompe pas, avec une attitude respectueuse cela n'arrivera jamais, mais simplement par respect.

Une autre coutume est étroitement liée au Baptême — le bain dans une trouée de glace. Comment l'Église considère-t-elle cela ?

Bien que ce soit une marque de piété, il s'agit juste d'une tradition, pas une sorte de rite sacré. Beaucoup de nos ancêtres étaient convaincus que ce bain lors du Baptême les laverait de tous les péchés, y compris ceux liés aux divinations à l'occasion de la fête de la Nativité, qui, malheureusement, étaient très fréquents. Et la fête du Baptême, comme vous le savez, clôt la période des saints jours de la Nativité. Bien sûr, il n'est pas correct de penser ainsi. Se baigner lors de la Théophanie ne lave pas les péchés. Cela ne se produit que dans le Sacrement du Baptême, lors d'une rencontre personnelle avec Dieu. Et, bien sûr, la baignade ne dispense pas de la présence à l'église pour les offices de la Fête.

Les invités au festin.

Homélie pour la 28e semaine après la Pentecôte.

 

Heureux celui qui aura part au banquet dans le Royaume de Dieu !   (Luc14,;15)

 

Elle approche, la merveilleuse fête de la Nativité du Christ. L'étoile de Bethléem, qui nous montre le chemin, resplendit déjà sous notre regard spirituel. Elle nous appelle auprès d'elle, comme elle appela les sages mages. Petit à petit, nous commençons à entendre l'hymne des anges : «Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté» (Luc2;41). Elle nous annonce, comme elle le fit jadis aux bergers de Bethléem, que nous attend l'Incarnation de l'Amour du Seigneur, le Christ Enfant-Dieu.

Le Roi des cieux Lui-même nous appelle à la grande fête de la Nativité de son Fils dans le monde d'ici-bas. Nous appartenons tous à la famille chrétienne. Par le Saint Baptême, nous avons été libérés de l'esclavage au diable et ressuscités par le Saint-Esprit à la Vie Éternelle. Par le Mystère de l'onction, nous avons reçu la capacité de nous perfectionner spirituellement. Dans le Mystère de la Communion, nous pouvons nous unir invisiblement avec le Seigneur Lui-même. Le Dieu Tout-Puissant est généreux envers nous autant qu'un Père aimant peut être généreux. Mais sommes-nous dignes des dons du Très-Haut, répondons-nous à l'amour du Créateur, entendons-nous l'appel du Seigneur? Hélas, vraiment pas toujours, et pas tous.

C'est à ceux dont l'attachement aux choses terrestres ne permet pas d'entendre l'appel de Dieu que le Sauveur parle, dans la parabole des appelés au festin. Dans cette parabole, le maître du festin représente le Roi des cieux, et les invités au festin, vous et moi, qui nous disons chrétiens et appelés à la Vie Éternelle dans le Royaume des Cieux.

Que convient-il de faire quand le Maître et Seigneur t'invite à participer à Sa fête? Bien sûr, oublier tout le reste, lâcher tout et se précipiter, courir à toutes jambes à cette célébration. Mais voici ce que le maître du festin entend dans la parabole de l'Évangile au sujet de ceux qu'il a invités chez lui : «Le premier lui dit : J’ai acheté une terre, et il faut que j’aille la voir ; je te prie de m’excuser. Le second dit : J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer ; je te prie de m’excuser. Un autre dit : Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis aller»(Luc14;18-20).

Pour ces gens, l'avidité et la volupté obscurcirent la Lumière céleste. Les meuglements des bœufs et le murmure des femmes ne leur permirent pas d'entendre la voix de Dieu. Et le Seigneur en colère dit à leur sujet : «aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon festin»(Luc14;24), «car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus»(Mat.22;14).
Que signifie 'entendre l'appel de Dieu et y répondre' ? Que signifie devenir non seulement un invité, mais un élu, devenir chrétien non seulement par le nom, mais aussi en esprit? La route qui mène au festin dans le Royaume des cieux est raide et caillouteuse. Ce chemin exige de l'homme le renoncement à soi et le sacrifice ; le refus des plaisirs temporels pécheurs en échange du pur bonheur éternel. L'alpiniste qui emporterait en montagne un grand sac de bibelots inutiles, on le regarderait comme s'il avait perdu la raison. De même, ce n'est pas celui qui est lié par son penchant pour les choses de la vie matérielle, qui atteint les demeures de notre Père Céleste, mais celui qu'inspire un désir tout-puissant pour ce qu'il y a de plus élevé. «Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être Mon disciple»(Luc 14, 33), dit le Sauveur.

Les fêtes de l'Église orthodoxe sont le reflet terrestre de l'éternelle fête céleste. Et sur terre, le Seigneur nous appelle à Son Banquet, mais serons-nous élus pour cette fête, serons-nous dignes d'y participer? Comment devrions-nous rencontrer la très lumineuse Nativité du Christ? Est-ce seulement en nous délectant du son des chants de la Nativité, en dansant autour du sapin de la Nativité couvert de décorations, en nous remplissant le ventre de mets goûteux?

Le Christ Enfant-Dieu naquit dans une crèche, là où on nourrissait le bétail. Ce fut une honte pour l'humanité de l'époque : pour la Nativité du Christ, on ne trouva pas sur terre de meilleur endroit, car l'atmosphère des demeures des hommes, leurs maisons, leurs palais et même le temple de Jérusalem étaient empestés par la puanteur du péché. Le Fils de Dieu S'incarna dans une pauvre grotte, là où ne parvenaient pas les tourbillons des passions du genre humain déchu.

Notre Sauveur, le plus grand Sacrifice Propitiatoire, Qui nous racheta de l'esclavage du péché, a daigné habiter dans le cœur de Ses fidèles disciples. Et célébrer la Nativité, c'est préparer la caverne de notre cœur à la rencontre de l'Enfant Divin.
Mais si nous regardons notre monde intérieur, alors, par comparaison, la pauvre crèche de la Nativité nous semblera être une somptueuse chambre d'apparat. Combien de désirs impurs collent aux murs de nos «grottes», combien de débris de nos préoccupations frivoles s'y sont accumulés, combien de passions étouffantes planent dans l'air. Si nous n'avons pas le temps de nous débarrasser de tout cela, alors il n'y aura pas de fête du Seigneur pour nous lors de la Nativité du Christ ; elle passera à côté de nous, avec ses dons de grâce.

Maintenant, le temps du Carême de la Nativité est un temps de purification, sans lequel nous ne pourrons goûter la douceur divine de la grande fête. Au bénéfice de notre corps et de notre âme, nous nous abstenons de nourriture lourde et des pensées agitées, des paroles oisives et des actions pécheresses, et marchons sur le chemin salvateur de la repentance ; alors nous entendrons enfin l'appel de Dieu Qui nous aime tous. Saint Ignace (Brianchaninov) dit, «Pour être accompagnés par la grâce de Dieu, il faut se purifier par le repentir. Dans le repentir, tous les commandements de Dieu sont combinés. Le repentir fait entrer le chrétien d'abord dans la crainte de Dieu, puis dans l'amour divin.»

Le Maître du Festin de la parabole de l'Évangile, ayant entendu le refus des invités, envoya convoquer à la fête le long des routes et des haies (Luc 14, 23). Et maintenant, l'appel de grâce du Seigneur est adressé à tous sans exception. Ne soyons pas, vous et moi, pareils à ces aveugles spirituels qui, à cause de la bassesse de leurs passions, renoncèrent au bien le plus élevé. Que la fête de la Nativité du Christ soit pour nous cette joie spirituelle indicible, qu'aucune préoccupation de ce monde ne vienne obscurcir, car maintenant naît ... le Sauveur, le Christ notre Seigneur (Luc 2,11).

Saint Nicolas, Thaumaturge de Myre en Lycie

6 décembre / 19 décembre

Saint Nicolas fut le fils unique de riches et pieux parents. Béni dès avant sa naissance par la grâce de Dieu, il grandit en âge et en raison et se perfectionna dans les vertus que lui avaient inculquées sa mère et son père. Devenu adulte et ayant atteint la perfection dans la parole et la doctrine, Saint Nicolas s'avéra parfait dans la vie même. Il gardait la vraie chasteté, contemplait toujours le Seigneur avec un esprit pur et fréquentait diligemment l'église de Dieu. Là, il passait des jours et des nuits en prière et à lire les livres divins, et le Saint-Esprit habitait véritablement en lui, comme en un temple.

Un jour, Saint Nicolas embarqua sur un vaisseau et navigua en mer vers Jérusalem. Une terrible tempête se leva inopinément. Tous furent pris de peur et pensaient que leur dernière heure était venue, mais Saint Nicolas éleva sa prière vers Dieu, et aussitôt la mer se calma, et un grand calme s'installa.


Après avoir séjourné assez longtemps à Jérusalem, il souhaita se retirer au désert et passer sa vie dans le calme et le silence. Mais le Seigneur ne le voulut pas et envoya Nicolas dans le pays de Lycie, en la ville de Myre, pour afin qu'il y devienne évêque. N'aimant pas la gloire de ce monde, le Saint refusa longtemps, mais craignant de désobéir au Seigneur et constatant que tous le peuple le lui demandait, il reçut contre sa volonté l'ordination épiscopale. Saint Nicolas était de mœurs douces et bénignes. Humble d'esprit, il s'habillait simplement, mangeait peu, et de la nourriture simple. Sa maison était ouverte à tous. Il était un père pour les orphelins, le donateur généreux pour les mendiants, le consolateur de ceux qui pleuraient, le soutien des offensés et le grand bienfaiteur de tous.


A cette époque, les maléfiques empereurs Dioclétien et Maximien frappèrent les chrétiens de persécution. Saint Nicolas fut capturé et incarcéré. En prison, il souffrit de la faim, de la soif et de la promiscuité. Mais Dieu ne jugea pas bon de lui faire quitter ce monde. Bientôt, les empereurs maléfiques moururent, l'Empereur Constantin, égal aux apôtres, accéda au trône et Saint Nicolas put retourner en sa ville, coiffé de  la couronne de confesseur de la foi.

Saint Nicolas défendit avec zèle l'orthodoxie lors du premier Concile œcuménique et même, obéissant à une injonction divine, frappa au visage l'hérétique Arius. Quand on voulut le punir sévèrement pour cela, le Sauveur et la Très Sainte Mère de Dieu apparurent à certains saints pères et les convainquirent que Saint Nicolas plaisait grandement à Dieu.


Il vécut maintes années à Myre de Lycie et, ayant atteint un âge très avancé, il s'endormit dans le Seigneur. Il passa avec joie et prière à l'heureuse vie éternelle, accompagné d'anges et accueilli par tous les saints.

De nombreux grands miracles furent accomplis par Saint Nicolas pendant sa vie terrestre et après son décès. Pour tous ceux qui étaient dans le besoin, il fut le prompt soutien, l'avocat et l'intercesseur zélé. Et maintenant, il aide encore ceux qui font appel à lui et les délivre des malheurs. Il est impossible de dénombrer ses miracles; il est connu de l'Orient à l'Occident. En tous les confins de la terre, ses miracles sont connus. Que le Dieu Trine, Père, Fils, et Saint-Esprit, ainsi que Son Saint Nom soient glorifiés par tous dans les siècles des siècles.

Les dix lépreux.

Homélie pour le vingt décembre

 

Un jour, le Christ passa devant des malheureux, dix lépreux qui, en raison de leur terrible maladie, n'avaient pas le droit de fréquenter les autres gens. La lèpre est une maladie terrible qui affecte l'homme et la femme, détruisant progressivement chair et os. La lèpre est également terrible car c'est une maladie contagieuse. Par conséquent, les personnes qui en étaient affligées étaient chassées de la société et envoyées dans le désert ou dans les cimetières abandonnés. Le Christ entendit le cri de prière de ces dix hommes frappés par la lèpre, qui, n'ayant pas le droit de s'approcher, Lui demandèrent à distance : «Jésus, Maître, aie pitié de nous» (Luc 17; 13). Par une seule parole toute-puissante, le Christ les libéra de la maladie et de l'exclusion : «Allez, montrez-vous aux prêtres». Celui qui était guéri de la lèpre devait, avant de reprendre une vie normale et fréquenter les gens,  recevoir le témoignage d'un prêtre.

Et les dix guéris se précipitèrent avec joie vers la bourgade, se présentèrent au prêtre, rencontrèrent leurs parents et leurs proches; leur joie et leur enthousiasme étaient sans borne. Mais sur les dix, comme le dit l'Évangile, seul un Samaritain se rappela qu'il convenait de retourner et remercier le Responsable de sa guérison. Le Samaritain revint, s'agenouilla devant Lui, Le remercia et Le glorifia. Le Christ accepta cette reconnaissance, mais Il remarqua avec amertume: «Est-ce que les dix n’ont pas été guéris ? Et les neuf, où sont-ils ?» (Luc 17, 17).

Pourquoi, sur les dix qui reçurent la grâce, un seul homme vint-il remercier? La gratitude est un sentiment grand et sublime. La gratitude est une vertu difficile. Bien que généralement, on admette qu'il soit plus difficile de demander quelque chose à quelqu'un, car cela génère un sentiment de honte et de gêne, il est peut-être encore plus difficile de remercier. Tant qu'une personne est dans le besoin, tant que quelqu'un a du chagrin, de la peine et des larmes, il demande, il insiste, il crie. Quand tout cela appartient au passé, à peine a-t-il ressenti le bien-être, qu'il oublie bienfaiteurs et gratitude.


La Sainte Église, connaissant la faiblesse humaine, au moment de la Divine Liturgie, au début du Canon Eucharistique, ne nous rappelle pas par hasard : «Rendons grâce au Seigneur». En premier lieu, nous devons remercier le Seigneur. Pourquoi Le remercier ? Pour avoir tout reçu de Lui. Pour avoir le bonheur de vivre et de respirer; pour avoir la possibilité de ressentir et d'aimer; même pour avoir la possibilité de souffrir et de pleurer. Pour tout cela, ce bienfait envoyé par Dieu, je Lui dois la gratitude. Le sentiment de gratitude est le sentiment le plus lumineux et le plus sublime parmi les sentiments religieux, le plus nécessaire. Nous entrons dans la sainte église tous unis par une même foi et une même espérance, mais avec nos humeurs respectives. Tout homme quel qu'il soit a son propre état d'esprit, même ici, en ce moment de prière commune et de participation à la Divine Liturgie. Chacun a en lui quelque chose qui lui est propre, plus intime et unique. L'un est possédé par une douloureuse maladie, un autre est irrité par les soucis de la vie quotidienne, un autre est tombé dans le découragement, le désespoir. L'âme d'un autre pleure les larmes du repentir, un autre a été injustement offensé, un autre encore a fait du tort quelqu'un et se repent de son acte. Par conséquent, nous sommes tous différents ici, et ce que nous avons en nous est propre à chacun et chacune. Mais quoi qu'il en soit, nous devons tous ensemble remercier le Seigneur, pour tout. Notre prière commune de gratitude envers le seul Dieu nous unit et ranime le feu du sentiment sacré de l'amour et de la révérence frémissante.

Les chrétiens doivent construire leur vie sur base de l'exemple de celui des dix guéris qui est revenu et a remercier le Seigneur. Il est nécessaire de remercier Dieu non seulement pour la joie, mais aussi pour le chagrin; non seulement pour les sourires de la vie, mais aussi pour les larmes; non seulement pour notre santé, mais aussi pour la maladie, car tout ce qui nous est donné sert à notre bien et à notre édification, sert la cause de notre salut. Le Seigneur nous envoie seulement tout ce qui est bon et bien. Nous attirons sur nous le mal, aspirés par notre amour de nous-mêmes, nos passions et les désirs de notre corps. C'est nous qui attirons sur nous-mêmes les tourments tant spirituels que corporels. Nous devons nous remettre plus souvent entre les mains de Dieu en Lui faisant confiance,  Lui rendant grâce, et alors le Seigneur arrangera avec sagesse le chemin de notre vie et nous donnera tout ce dont nous avons besoin.

La gratitude est un sentiment majestueux. Nous aimons quand les autres nous remercient, nous honorons de telles gens, et disons : c'est quelqu'un de reconnaissant et courtois. Mais nous-mêmes ne sommes guère pressés de remercier. Le Seigneur aime aussi ceux qui Lui adressent leur gratitude. Il n'a pas besoin de nos actions de grâce, c'est à nous que ce sentiment est nécessaire, afin d'éduquer et sanctifier notre cœur et notre âme dans le Seigneur et par le Seigneur.


Comme il est agréable et joyeux d'entendre de l'Évangile qu'il y en eut encore au moins un sur dix qui loua le Seigneur, son Guérisseur et Thaumaturge. En cet homme, frères et sœurs, il y a un espoir joyeux pour nous aussi. Cet homme qui remercie le Seigneur est pour nous une source particulière d'affection et de réconfort. Ce n'est pas un hasard, car dans notre cœur, nous avons de bons sentiments prêts à se manifester, mais nous les supprimons souvent et ne leur permettons pas de croître. A l'écoute du récit de l'Évangile, les neuf autres lépreux, vous les plaignez involontairement, vous vous inquiétez pour eux, ces malheureux devenus heureux. Involontairement, j'aimerais en quelque sorte excuser leur erreur, parce que étant complètement morts, ils sont revenus à la vie; étant rejetés, ils revinrent dans la société, auprès des gens, de leurs parents et amis. Involontairement, humainement, j'aimerais les justifier, dans la joie reçue par ceux qui oublièrent Celui Qui la leur avait donnée. Parce que l'homme manque tellement de joie, d'enthousiasme et de jubilation dans la vie. Tout cela lui est si cher que, ayant reçu de la joie, il s'y perd, craignant de perdre ce qu'il a reçu.

Il faut se rappeler que le bonheur réel, le bonheur spirituel en Jésus-Christ, n'est pas éphémère. La Source de tout bien et de toute consolation est toujours avec nous, Elle ne nous oublie pas. Nous devons, avec un cœur reconnaissant et des lèvres reconnaissantes, nous se souvenir de Lui et de Ses bienfaits. Dans la Sainte Liturgie, avec l'Église nous remercions le Seigneur pour toutes Ses bénédictions, «qui sont sur nous», visibles et invisibles, bien que le Seigneur n'ait pas besoin de cela, car les saints anges et archanges, les armées célestes, les chérubins et les séraphins clament la louange à Sa gloire. Nous joignant à l'armée céleste, glorifions et remercions plus souvent Dieu, car à Lui seul reviennent gloire et action de grâce dans les siècles. Amen.

Le Saint et Fidèle Prince Alexandre Nevski

23 novembre / 6 décembre

 

Le Saint Prince Alexandre Nevski naquit dans la famille du pieux Prince russe Iaroslav et de son épouse la Princesse Théodosia.

Dès ses années d'enfance, ce luminaire spirituel fut préparé par Dieu par une foi ardente et par les vertus. Jamais le Saint Prince ne s'abandonna aux jeux et divertissements des enfants. La lecture des Saintes Écritures constituait son occupation préférée, avec la prière fervente à Dieu. Il nourrissait son âme de la douceur des hymnes de l’Église, et par le jeûne et l'abstinence, il affermissait et développait ses forces corporelles.

Quant il eut atteint l'âge adulte, Alexandre gouverna en qualité de Prince de Novgorod-La-Grande. Il régna sur sa principauté avec sagesse et justice, s'attirant de toutes parts amour et respect.

Il enseignait à ses proches les principes suivants : «Nous avons reçu de Dieu l'autorité sur les  gens de Dieu, et au Jour du jugement Dernier, nous devrons rendre compte de la manière dont nous auront utilisé ce pouvoir. Quand vous punissez les coupables, ne soyez pas cruels; à la punition, additionnez une mesure de miséricorde. Et ne faites rien sous l'emprise de la colère, de l'irritation et de l'envie. N'oubliez pas les nécessiteux, aidez tout le monde, donnez l'aumône, afin de mériter vous aussi la miséricorde de Dieu».

À cette époque commença la grande invasion des Tatares en Russie. Ils détruisirent villes et villages, tuant les habitants ou les emmenant en captivité. Et ceux qui restaient étaient obligés de payer un tribut énorme. Les Tatares n'atteignirent pas Novgorod, mais, profitant de la situation désastreuse de la Russie, ce furent les Allemands et les Suédois qui l'assaillirent.

Le Fidèle Prince Alexandre ne disposait que d'une très petite armée, mais il espérait grandement en la miséricorde de Dieu et en l'intercession de la Très Sainte Mère de Dieu, Marie, en faveur chrétiens. Il dit à ses guerriers : «Dieu ne réside pas dans la force, mais dans la justice», et plaçant son espoir dans l'Unique Dieu, il remporta maintes victoires sur les ennemis. C'est à l'occasion de l'une de celles-ci qu'on le nomma Alexandre 'de la Neva'.

C'est alors que le Fidèle Prince Alexandre sauva la Rus', avec l'aide de Dieu, de la domination germanique. Et la Rus' ne l'a pas oublié. Jamais elle n'oubliera cet héroïque exploit dans la vie terrestre du Prince.

Novgorod ne fut pas prise par les Tatares, néanmoins, elle leur fut soumise, car s'opposer à une armée d'une telle importance, la Rus' ne le pouvait pas encore. Le Saint et Fidèle Prince Alexandre fut appelé à s'incliner devant le Khan des Tatares. Ayant communié aux Saints Corps et Sang de notre Seigneur Jésus Christ et reçu la bénédiction de l'évêque, il se rendit à la Horde, la Cour des Tatares.

Avant de le présenter au Khan, on lui intima d'accomplir les rites impies habituels des Tatares, mais Saint Alexandre refusa, disant: «Je suis chrétien, et il ne convient pas que je m'incline devant des idoles. J'adore le Père, le Fils et le Saint-Esprit, dans la Trinité Qui avec gloire créa le ciel, la terre et tout ce qui s'y trouve».

Les Tatares, contrairement à leurs habitudes, ne tuèrent pas le Pieux Prince pour avoir confessé sa foi. Ils le firent même, par la suite, grand-prince.


À partir de ce moment et jusqu'à la fin de ses jours, Saint Alexandre Nevski offrit toutes ses forces à la patrie, essayant par tous les moyens d'alléger le poids du joug tatare. Il racheta autant que possible les prisonniers et, pour le reste, demanda aux Tatares la permission d'ouvrir des églises sur le territoire de la Horde elle-même. Il gouverna le peuple russe avec sagesse et miséricorde et rendit progressivement vie à cette terre qui avait été ravagée.

Irrésistible dans les combats, il succomba d'épuisement sous le fardeau de la couronne de Grand-Prince et mourut tôt, n'atteignant pas même l'âge de quarante-cinq ans. Après avoir communié aux Saint Mystères du Christ avant de mourir, il s'en alla paisiblement vers les demeures éternelles, offrant son âme pure au Seigneur. Et cent vingt ans plus tard, le corps du fidèle Prince Alexandre Nevski fut retrouvé incorrompu.


Et maintenant, il veille sur l'apanage qui lui fut remis par Dieu : notre patrie.

Et maintenant, il demeure proche et prompt à écouter tous ceux qui invoquent son Saint nom avec foi, déverse sa miséricorde et intercède devant le trône de Dieu Tout-Puissant, à Qui reviennent honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

L'Entrée au Temple de la Très Sainte Mère de Dieu

 21 novembre / 4 décembre

 

Les parents de la Très Sainte Mère de Dieu, Saints Joachim et Anne n'eurent pas d'enfant pendant très longtemps, et ils priaient Dieu de leur en donner un.

Un ange du Seigneur apparut à Sainte Anne et lui dit : «Anne, Anne! Dieu t'a entendue. Tu enfanteras la Vierge Marie». Anne fit alors à Dieu cette promesse : «Si je mets au monde un enfant, je l'offrirai au service du Seigneur afin qu'il Le serve et glorifie toujours Son nom».

Anne enfanta une fille, la Très Sainte Vierge Marie. Pendant les premiers temps, elle La garda auprès d'elle. Lorsque Marie atteignit l'âge de trois ans, Ses parents La conduisirent au temple.

De jeunes vierges marchaient devant la Très Sainte Mère de Dieu, portant des cierges allumés. Des prêtres sortirent du temple et vinrent à Sa rencontre en chantant des hymnes. Aux portes du Temple, Marie fut accueillie par le Grand-Prêtre Zacharie, futur père du Saint Précurseur Jean.

La Très Sainte Mère de Dieu monta allègrement les quinze hautes marches et Zacharie La prit  par la main et La mena dans le Saint des Saints. Il fit cela sous l'inspiration de l'Esprit Saint. Dieu révéla au Grand-Prêtre Zacharie que Marie était plus digne et sainte que tous les hommes et toutes les femmes, même plus digne et sainte que tous les prêtres. Et la Très Sainte Mère de Dieu vécut alors dans le temple. Elle priait dans le Saint de Saints et s'entretenait avec les anges de Dieu qui, du paradis, Lui apportaient de la nourriture.

Mais la jeune Marie ne s'enorgueillit pas de cela et demeurait obéissante envers Ses aînés. N'abandonnant jamais la prière, Elle accomplissait consciencieusement les travaux qu'on Lui confiait, et lors de Ses loisirs, Elle lisait les Saintes Écritures...

C'est ainsi que dans la pureté et la sainteté, sous l'action de l'Esprit-Saint, la Très Sainte Vierge Marie se préparait à devenir la Mère de notre Seigneur Jésus Christ, à Qui revient la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Icône de la Très Sainte Mère de Dieu de Koupiatitch

12 / 28 novembre

 

Non loin du village de Koupiatitch, une jeune fille du nom d'Anna paissait son troupeau dans la forêt. Elle aperçut une lumière vive au milieu des arbres, provenant d'une croix qui rayonnait, pendue à un arbre. Sur la croix était représentée une icône de la Très Sainte Mère de Dieu. Anna emmena la croix chez elle, la cacha et retourna dans la forêt. Elle y retrouva la croix au même endroit. L'attachant autour de son cou, Anna continua à paître son troupeau et le soir, elle rentra au village.

Elle raconta tout à son père, mais elle ne retrouva aucune croix ; ni celle qu'elle avait cachée à la maison, ni celle qu'elle avait attachée à son cou. Anna et son père partirent à la hâte dans la forêt et trouvèrent la croix toujours au même endroit. Ils l'emmenèrent avec eux. Mais le lendemain matin, elle avait de nouveau disparu. Alors les villageois se rendirent ensemble dans la forêt et, une fois encore, virent la croix pendue à l'arbre. A l'endroit de l'apparition de l'icône miraculeuse, les pieux habitants de Koupiatitch érigèrent une église, dans laquelle ils placèrent la croix et l'icône que celle-ci portait. Depuis cette époque, de nombreux miracles se produisirent à travers cette icône.

Quelques années plus tard, les Tatares fondirent sur l'église et la brûlèrent. L'icône disparut et l'endroit où s'élevait dans la forêt cette église de Dieu devint désert. Un jour, en ce lieu désert arriva un homme appelé Joachim. Et soudain il aperçut une lumière éclatante, provenant d'une croix qui gisait sur le sol. C'était l'icône de Koupiatitch. Joachim n'osa pas toucher celle-ci et revint avec d'autres gens. Les habitants de Koupiatitch reconnurent l'icône miraculeuse. Se réjouissant, ils l'emmenèrent dans leur église. Et là, comme ce fut le cas jadis dans l'église de la forêt, les miracles et guérisons se succédèrent. Et la Très Sainte Mère de Dieu apparut en rêve à Joachim, lui commandant de demeurer à l'église. Il obéit et jusqu'à la fin de ses jours, il servit à l'église de Koupiatitch.

Comment passer le Carême de la Nativité,

la Fête de la Nativité  et le Temps de la Fête?

 

Comment le Sauveur vint-il à naître ?

 

Quand Il chassa nos ancêtres du paradis, Dieu Lui-même leur promit un Sauveur (Gen.3;15), Il et réitéra cette promesse à plusieurs reprises (Gen.22;18. 2Roi. 7;12-13), afin de préparer les gens à L'accueillir. Toutes les transformations et les prophéties relatives à l'incarnation du Fils de Dieu se sont réalisées. L'hymnographie de l’Église dit de la Nativité du Christ, que: «Le Sage Créateur le façonne de nouveau, l'homme qui fut jadis image et ressemblance de Dieu. Flétri à cause du péché, il fut tout entier soumis à la corruption et des trésors de vie divine il fut déchu». On peut dire que le monde entier attendait le céleste Rédempteur.

Avant la naissance du Sauveur, l'Empereur romain Auguste, qui régnait alors sur la Judée conquise, ordonna de faire un recensement général parmi tous les peuples du vaste Empire. Tous les ressortissants de l'Empire Romain se rendirent pour le recensement dans leurs villes d'origine respectives. La Vierge Marie et Joseph habitaient à Nazareth, ville de Galilée, mais comme ils descendaient tous deux de la lignée et de la maison de David, qui habitait le pays de Juda, à Bethléem, ville de David, c'est dans celle-ci qu'ils descendirent. C'est dans cette ville que s'accomplit la prédiction du Prophète au sujet de la Nativité du Sauveur : «Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et elle Lui donne le nom d’Emmanuel.» (Is.7;14) «Et toi, Bethléem Ephrata, petite pour être entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit être dominateur en Israël, et ses origines dateront des temps anciens, des jours de l’éternité» (Mich.5;1)

Notre Seigneur Jésus-Christ est né de la Très Pure Vierge Marie d'incompréhensible et indicible manière, sous le règne de César Auguste, à l'été de l'an 5508 depuis la création du monde :  «Pour obéir à l'ordre de César, Tu Te fis inscrire au nombre des serviteurs, ô Christ, et Tu nous affranchis, nous les serfs de l'ennemi et du péché», «Sur l'ordre de César il y eut un recensement, et nous en Ton nom, notre Dieu Qui Te fis homme, nous nous inscrivîmes au nombre des croyants», «Te soumettant à l'édit de César, Tu T'inscrivis au nombre des esclaves, et nous, esclaves de l'ennemi et du péché, Tu nous rendis libres», chante l'Église dans le Canon de la Nativité du Christ.

Né dans une crèche, le Nouveau-Né emmailloté fut placé dans une mangeoire, signe du profond abaissement dans lequel était tombé l'homme pécheur, nécessitant l'aide céleste de l'Homme-Dieu. «Tu reposes dans une mangeoire, Seigneur, afin de corriger la déraison de l'humanité. Dans la mangeoire des animaux la Vierge Te coucha, Verbe du Dieu Sans Commencement.  Tu viens me délivrer de mes déraisons générées par l'envie du serpent et qui m'entourent comme des langes. Tu détruis les chaînes de mes transgressions».

Mais ni les ténèbres de la nuit, ni la crèche, ni la mangeoire, ni les langes, tous ces premiers signes de Son humilité et de Sa kénose, ne portèrent ombre à la Divine gloire de l'Enfant. Les bergers de Bethléem apprirent immédiatement la nativité de l'Enfant, de même que les sages venus d'Orient, c'est-à-dire, les simples et les sages. Les bergers venus à la crèche après avoir été avertis par un ange accompagné d'une armée céleste, se hâtèrent vers Bethléem et furent les premiers à se prosterner devant le Seigneur-Enfant.

Avant Sa Nativité apparut à l'Orient de Bethléem une étoile miraculeuse. Par son apparition, elle annonçait au monde que l'étoile de Jacob avait resplendi et relevé le sceptre d'Israel «Il brise les deux flancs de Moab, il extermine tous les fils du tumulte» (Nbres.24,17). Cette étoile inhabituelle amenait d'Orient, les mages, ou sages, venus pour vénérer le Roi de Judée Nouveau-Né. Ils s'agenouillèrent devant Lui, Le vénérèrent et Lui firent don d'or, d'encens et de myrrhe. L'or, car Il était Roi, l'encens car Il était Dieu, la myrrhe, car Il était homme mortel.

Mais selon l’Église, ce ne furent pas seulement les bergers et les mages qui eurent connaissance et confessèrent le Christ Sauveur; toutes les créatures offrirent un don au Seigneur nouveau-né : les Anges : leurs chants, le ciel : une étoile, les berger : un miracle,  les mages : leurs dons, la terre : une crèche, le désert : une grotte, l'humanité : la Mère de Dieu et Vierge, le paganisme : les prémices du christianisme en leurs mages. Ainsi, dans la grotte de Bethléem, à travers la kénose du Sauveur nouveau-né, resplendit la gloire de Dieu.

 

Comment fut instauré le Carême de la Nativité ?

 

Comme celle des autres carêmes de longue durée, l'apparition du Carême de la Nativité remonte aux temps anciens du christianisme. Dès le quatrième siècle, il est mentionné dans les œuvres de Saint Ambroise de Milan, de Saint Philastre, et de Saint Augustin. Au cinquième siècle, Saint Léon le Grand évoqua l'ancienneté du Carême de la Nativité.

A l'origine, le Carême de la Nativité durait chez certains chrétiens sept jours, et chez d'autres, un peu plus. Lors du Concile de 1166 sous l'autorité du Patriarche de Constantinople Lukas et de l'Empereur Manuel, il fut décidé que tous les chrétiens observeraient un carême de quarante jours avant la grande fête de la Nativité du Christ.

Le Patriarche d'Antioche Théodore Balsamon écrivit que : «sa sainteté le patriarche lui-même dit que bien que ces carêmes (de la Dormition et de la Nativité.vN.d.Réd.) ne soient pas fixés dans la règle, il convient toutefois que nous observions la tradition orale de l’Église et que nous nous obligions à jeûner... à partir du 15 novembre». Le Carême de la Dormition est le dernier long carême de l'année. Il commence le 15 novembre (28 novembre selon le nouveau calendrier), dure quarante jours, comme le Grand Carême. Le dernier jour gras précédant ce carême coïncide avec la célébration de la mémoire du Saint Apôtre Philippe (le 14 novembre selon l'ancien calendrier); on qualifie aussi ce carême de carême de la Saint Philippe.

Pourquoi avoir institué le Carême de la Nativité ?

 

Le Carême de la Nativité, carême d'hiver, nous permet de sanctifier la dernière partie de l'année au renouvellement mystérieux de l'union spirituelle avec Dieu et à la préparation de la célébration de la Nativité du Christ. Saint Léon le Grand écrit : «L'observation même de l'abstinence est scellée à quatre reprises, afin qu'au fur et à mesure de l'avancement de l'année nous sachions que nous avons constamment besoin de purification et que, lorsque notre vie est dissipée, nous devons toujours essayer par le jeûne et l'aumône d'extirper le péché qui se développe à cause de la faiblesse de la chair et de l'impureté des désirs».  Selon les paroles de Saint Léon le Grand, le Carême de la Nativité est une offrande à Dieu pour les fruits que nous récoltons. Il écrit : «Puisque le Seigneur nous offre généreusement les fruits de la terre, nous devons être généreux et pauvres pendant ce carême».

Selon Saint Siméon de Thessalonique, «le grand carême de la Nativité représente le carême de Moïse, qui jeûna quarante jours et quarante nuits avant de recevoir les Tables de la Loi. En jeûnant quarante jours, nous jeûnons, contemplons et recevons de la Vierge la Parole vivante, non pas gravée sur des pierres, mais incarnée et née, et nous communions à Sa Chair Divine».

Le Carême de Noël a pour but de nous purifier par le repentir, la prière et le jeûne pour le jour de la Nativité du Christ, afin de pouvoir rencontrer avec un cœur, une âme et un corps purs le Fils de Dieu qui est apparu dans le monde et Lui apporter en plus des offrandes et dons habituels notre cœur pur et notre désir d'observer Son enseignement.

 

Quand a-t-on commencé à célébrer la Nativité du Christ ?

 

L'origine de cette fête remonte à l'époque des Apôtres. Dans les Canons des Apôtres, on lit : «Observez, frères, les jours de fête, et, d'abord, le jour de la Nativité du Christ, que vous célébrerez le 25e jour du dixième mois» (desembri). Il est également dit: «Que le Jour de la Nativité du Christ soit célébré, au moment où la grâce inespérée est donnée aux hommes par l'enfantement du Verbe de Dieu par la Vierge Marie pour le salut du monde».


Au deuxième siècle, Saint Clément d'Alexandrie  indique que le jour de la Nativité du Christ est le 25 décembre (dans le calendrier Julien). Au troisième siècle, Saint Hippolyte mentionne la fête de la Nativité du Christ. Au début du quatrième siècle, en 303, époque de la persécution des chrétiens par Dioclétien, vingt mille chrétiens de Nicomédie furent brûlés dans les églises le jour même de la fête de la Nativité du Christ.

Depuis l'époque lors de laquelle l’Église reçut la liberté et devint dominante dans l'empire Romain, nous trouvons mention de la fête de la Nativité du Christ dans l’Église de l'Oekumène, comme on peut le voir dans les enseignements au sujet de la Nativité du Christ de Saint Ephrem le Syrien, Saint Basile le Grand, Saint Grégoire le Théologien, Saint Grégoire de Nysse, Saint Ambroise, Saint Jean Chrysostome et d'autre Pères de L’Église du quatrième siècle.

Dans son histoire de l’Église, Nicéphore Kalliste, écrivain du quatorzième siècle, rappela qu'au sixième siècle, l'Empereur Justinien instaura la célébration de la Nativité du Christ sur la terre entière.

Le Patriarche Anatole de Constantinople au 5e siècle, Sophrone et André de Jérusalem au 7e siècle, Saint Jean Damascène, Saint Cosme de Maïouma et le Saint Patriarche Germain de Constantinople au 8e siècle, Saint Jean Cassien et d'autres dont les noms ne nous pas connus, au 9e siècle, écrivirent de nombreuses et saintes hymnes pour la Nativité du Christ, qui aujourd'hui résonnent dans les églises pour glorifier l’événement lumineux fêté.

 

Comment se nourrir pendant le Carême de la Nativité ?

 

Les règles de l'Église enseignent ce qu'il faut éviter pendant le jeûne: «Tous ceux qui jeûnent pieusement doivent respecter strictement les règles en matière de nourriture, c'est-à-dire s'abstenir de certaines mets (c'est-à-dire de certaines nourritures N.d.Réd.), non pas parce qu'ils sont nuisibles, mais incompatibles avec le carême et interdits par l'Église. Cette nourriture dont il faut s'abstenir lors des jeûnes sont : la viande, le fromage, le beurre de vache, le lait, les œufs et parfois le poisson, en fonction des particularités des différents saints carêmes».

Les règles d'abstinence prescrites par l'Église pendant le Carême de la Nativité sont comparables dans leur exigence à celles du Carême des Saints Apôtres. En outre, le lundi, le mercredi et le vendredi du Carême de la Nativité, la règle interdit le poisson, le vin et l'huile et ne permet de manger sans huile (xérophagie) qu'après les vêpres. Les autres jours, mardi, jeudi, samedi et dimanche, on est autorisé à utiliser de la nourriture préparée avec de l'huile végétale. Le poisson pendant le Carême de la Nativité est autorisé les samedis et dimanches et lors des grandes fêtes, par exemple, la fête de l'Entrée au Temple de la Très Sainte Vierge, lors des fêtes votives et celles de grands saints, si ces jours tombent le mardi ou le jeudi. Si ces fêtes ont lieu le mercredi ou le vendredi, la dérogation ne porte que sur le vin et l'huile.

Du 20 décembre au 25 décembre (ancien calendrier), le jeûne s'intensifie et de nos jours, même le samedi et le dimanche, le poisson n'est pas autorisé. C'est précisément à cette période que nous célébrons le Nouvel an civil, et nous, chrétiens orthodoxes, devons être particulièrement recueillis pour ne pas enfreindre la rigueur du jeûne par les plaisirs, les boissons alcoolisées et la nourriture.

Jeûnant physiquement, nous devons aussi jeûner spirituellement. «Quand nous jeûnons avec le corps, frères, jeûnons aussi spirituellement, nous corrigerons ainsi toutes nos iniquités», ordonne la Sainte Église.


Le jeûne corporel, sans le jeûne spirituel, n'apporte rien pour le salut de l'âme, au contraire même , il peut être spirituellement nocif si quelqu'un, s'abstenant de nourriture, imprègne sa conscience de sa supériorité parce qu'il  jeûne. Le vrai jeûne est associé à la prière, au repentir, à l'abstention de passions et de vices, à l'éradication des mauvaises actions, au pardon des offenses, à l'abstention de rapports conjugaux, à l'exclusion des activités de divertissement, des spectacles, et de la télévision. Le jeûne n'est pas un but, mais un moyen, un moyen d'humilier la chair et de se purifier de nos péchés. Sans la prière et sans le repentir, le jeûne se résume à un régime.

L'essence du carême est exprimée dans l'hymne de l’Église : «Vaine consolation que le jeûne qui n'est que privation de nourriture, ô mon âme, sans te purifier des passions. Car si par le jeûne tu ne te corriges, tu es détestée de Dieu par ta fausseté, et tu deviens pareille aux malicieux démons, qui jamais ne mangent».
D'aucuns estiment que dans l'indigence de la Russie contemporaine, alors qu'on ne paie pas les salaires, et que beaucoup n'ont pas d'argent, le carême n'est pas un sujet de conversation. Souvenons-nous des paroles des startsy d'Optino: «ils ne veulent pas jeûner volontairement,  ils jeûneront en dépit de leur volonté...».

Saint Paissios Velitchkovski

15 / 28 novembre

Saint Paissios Velitchkovski, dans le monde Pierre Ivanovitch Velitchkovski, naquit en la ville de Poltava, dans une famille de prêtres ; son frère, son père et son grand-père furent prêtres dans une seule et même église paroissiale de Poltava, dédiée à la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu. A l'âge de quatre ans, le jeune garçon perdit son père, et alors qu'il était encore jeune adolescent, son frère aîné. C'est sa maman Irina qui éduqua Pierre.

Son instruction, il la reçut au moyen du Psautier. A treize ans, il entra à l'Académie Spirituelle de Kiev. C'est là que l'âme de Pierre commença à aspirer à la vie monastique. A dix-huit ans, il fut reçu dans une communauté monastique; son obédience principale était de traduire le livre «L’Échelle Sainte» de Saint Jean Climaque, l'higoumène du Monastère du Sinaï. C'était chose providentielle, car par la suite, Saint Paissios devint célèbre pour ses traductions en russe des œuvres des Saints Pères.

Mais Irina, la mère de Pierre, s'affligeait d'être séparée de son fils; elle voulait qu'il vive dans le monde et priait Dieu avec insistance à cette fin. Alors l'ange du Seigneur lui apparut et dit: «Oh, maudite, que fais-tu? Au lieu d'aimer de toute ton âme et de tout ton cœur le Seigneur Dieu, ton Créateur, plus que ton Créateur tu aimes Sa créature, ton fils. Cet amour insensé, contraire à Dieu, peut te faire tomber dans la damnation éternelle. Et sache que ton fils deviendra certainement moine. Il convient d'ailleurs que tu imites ton fils en cela, que tu renies le monde et tout ce qui est dans le monde, et deviennes moniale». Alors Irina devint moniale et ne s'opposa plus à l'intention pieuse de son fils.

Pierre souhaitait intensément trouver un guide spirituel qui lui enseigne la lutte intérieure contre les passions, ainsi que la prière continuelle, mais il ne put en trouver un rapidement, et dut dès lors passer par de nombreux monastères. Il tira particulièrement profit de sa rencontre avec le grand starets Vassili Polianomeroulski. Le fruit des pérégrinations du futur illustre Père Paissios dans les monastères et déserts d'Ukraine et de Moldavie fut la connaissance, pour en avoir fait l'expérience, de la sainte obéissance, de l'humilité et de la prière mentale, accomplie dans le cœur, que l'aîné pratiqua continuellement jusqu'à sa mort.

Saint Paissios vécut pendant plusieurs années au Mont Athos, où une communauté monastique se rassembla autour de lui, alors qu'il n'avait que 28 ans. Spirituellement, le Père Paissios était déjà très riche.
Saint Paissios enseignait que seul celui qui se force à mettre en pratique tous les commandements du Seigneur peut être un véritable guide du salut de l'âme . Il disait : «Comment quelqu'un pourrait-il être le guide sur un chemin qu'il n'a pas lui-même emprunté?» Le Starets Paissios ne se jugeait pas digne d'enseigner, c'est pourquoi il acceptait d'accueillir seulement les frères consentant à avoir tous ensemble pour guide spirituel les enseignements des Pères théophores de l’Église. Ainsi apparut au sein de la fraternité de Saint Paissios l'aspiration à rassembler et traduire en langue russe les écrits des Saints Pères.

Après quelques temps, saint Paissios fut ordonné hiéromoine et devint supérieur d'un monastère athonite. Sa dévotion envers les Saints Dons était telle que jamais il ne parvenait à célébrer la Divine Liturgie sans pleurer. Lorsque la persécution des moines athonites par les musulmans s'intensifia, la fraternité de Saint Paissios quitta le Mont Athos pour la Moldavie, au monastère, déserté, du Saint-esprit à Dragomirna.

Il se trouva qu'une moitié des résidents du monastère étaient moldaves, et l'autre moitié, slaves, de sorte que le soir, le Starets Paissios rassemblait autour de lui une moitié de la fraternité, alternativement les Slaves et les Moldaves, et lui lisait les enseignements des Saints Pères; Saint Basile le Grand, Saint Jean Climaque, Abba Dorothée, Saint Siméon Le Nouveau Théologien et d'autres. Les traductions et transcriptions de livres et d'autres podvigs monastiques s'épanouissaient largement à Dragomirna, mais des circonstances extérieures forcèrent Saint Paissios à transférer plus d'une fois son énorme fraternité : 350 personnes, d'un monastère à l'autre. Pour le Starets Paissios, la dernière étape fut le Monastère du Pantocrator à Niamets.

Et là, comme partout ailleurs, ils préservèrent les principaux principes de la vie monastique: cénobitisme, prière mentale, transcription et lecture de livres saints, confession quotidienne (matin et soir) des pensées aux confesseurs. Les ouailles de Saint Paissios se multiplièrent; il y avait des moines de plus de dix nationalités dans le monastère de Niamets, et le nombre de moines grimpa à la fin du XVIIIe siècle jusqu'à un millier de hommes. À cette époque, c'était le monastère le plus peuplé de l'Église Orthodoxe. En plus de ce monastère, Abba Paissios nourrissait spirituellement d'autres monastères et ermitages environnants. S'étant installé dans un vrai désert, il le repeupla par les fruits de la Divine Philocalie. C'est au Monastère de Niamets que Saint Paissios entra dans la vie du siècle à venir.

La vie et les activités du Starets Paissios influencèrent l'histoire spirituelle de nombreux monastères russes. Les déserts célèbres de Saint-Sophrone, de Glinsk, et, en particulier, d'Optino, déterminèrent la renaissance spirituelle du peuple russe au XXe siècle; ils furent les continuateurs de l'héritage spirituel du Starets Paissios.

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